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L'Hayek de ma Mère.   

 

'' Un grand choix de vaisselles. un grand choix de vaisselles (.)'' Nadia reconnaît la voix du marchand de vaisselles, appelé communément '' Moul El mouane''. Comme à son habitude depuis des années, il parcourt les vieilles ruelles de la capitale, proposant aux ménagères de troquer vieux vêtements, petit électroménager contre vaisselle neuve. Affairée dans sa cuisine Nadia abondonne ses légumes et cours prévenir sa mère. Cette dernière lui avait fermement recommandé de guetter le passage du marchand. Elle avait projeté d'échanger quelques vieux vêtements contre un service d'assiettes, le sien se faisant vieux, il n'était plus présentable pour les invités.

Nadia se mit sur le balcon attendant le passage du marchand, tandis que Khalti ALDJA s'activait à trier les vêtements à donner. Elle prend deux joggings appartenant à son plus jeune fils, cela faisait des mois qu'ils étaient là sans qu'il ne veuille les porter. Elle avait beaucoup insisté pour qu'il les porte lui rappelant qu'elle avait payé leurs prix et qu'il fallait bien les amortir. Samir ne veut rien entendre, Il l'a répété à sa mère, il ne veut pas passer pour un ringard au milieu de ses copains si ce n'est pas des '' NIKE'', il ne les mettra pas. S'arrêtant sur ces réflexions

 
 

Khalti ALDJA enroule les deux pantalons dans le sac prévu cet effet. Connaissant le marchand et sa fermeté, elle se dit que cela ne lui suffira pas, préparée à cette éventualité, Elle retourne à son armoire lui trouver autre chose. Elle s'arrête sur un tissu blanc crème, reconnaissant son Hayek, Khalti Aldja s'en empare délicatement. La vue de ce morceau de tissu la projeté des années en arrière. C'est l'Hayek qu'elle avait eu pour son mariage ; Une belle pièce. faite de véritable soie et restée intacte. Elle se souvient que son mari l'avait payé très cher à l'époque ; Elle trouvait qu'il lui conférait un charme particulier et mettait sa silhouette en valeur. C'est dire qu'à chaque occasion où il lui avait était donné de le porter, elle attirait toutes les convoitises. Pourtant Nadjia, sa fille aînée avait refusé de le porter à son mariage comme le voulait la tradition, elle avait dit que ce n'était plus à la mode et lui avait préféré une robe blanche. Malgré tout, Khalti ALDJA s'est montré tolérante avec sa fille et elle l'a laissée faire. Elle-même avait du renoncer à le porter quand elle ne voyait plus aucune femme de son entourage le faire. Cela devait être vers le milieu des années quatre vingt. A l'époque toutes les femmes voilées s'étaient mises au Hidjab, il paraît qu'il est plus pratique, et plus conforme à la religion. Encore une fois, la voix de sa fille l'arrache à ses pensées pour lui annoncer que le marchand était au bas de l'immeuble et qu'il fallait se dépêcher, car il refuse de monter faute d'ascenseur. A peine retrouvée en face de lui que Khalti ALDJA commence ses tractations. Elle réussit avec habilité à lui fourguer les deux joggings mais dès qu'elle lui tend le Hayek, il prend un air embarrassé mais sincère et lui rétorque qu'il ne prend que les vêtements revendables pas les pièces de collection ! ..

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