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Televisions satellitaire, tare ou aubaine.

Le phénomène de la réception des télévisions étrangères en Algérie, ne cesse de prendre de nouvelles dimensions et d'influencer la société algérienne à tous les niveaux, à tel point qu'on pourrait l'assimiler à un grand laboratoire ou convergent idées, pensées et valeurs homogènes comme pouvant être hétérogènes voire complètement contradictoires
 
 

La présence de ces télévisions façonne aussi bien l'imaginaire que le collectif. Le flux des programmes audiovisuels en provenance du Moyen-Orient et de l'occident entérine les clivages, la société des contrastes culturels est présente plus que jamais avec ses dualités linguistiques (français /arabe) et ses dualités sociales (modéré/conservateur). Dans un pays vivant des difficultés socio-économiques, la présence de ces médias véhiculant valeurs et modes culturels étrangers, agit à contresens : les projections d'une certaine opulence des sociétés occidentales attisent les convoitises et augmentent le sentiment de la marginalisait sociale notamment chez les jeunes, des catégories d'autant plus vulnérables qu'elles vivent une grande détresse morale. Le désarroi culturel reprend de l'ampleur avec la présence des télévisions arabes et vient rappeler le tiraillement de la société algérienne entre les deux cultures. Les perspectives d'un épanouissement culturel se trouvent de par ce fait également entravé, l'abondance de ces médias audiovisuels conforte la tyrannie de l'image, la société à tradition orale n'est que plus forte et toute forme de culture transcrite n'est que plus faible.
En dépit de leurs effets pouvant être considérés nocifs, ces outils de la nouvelle technologie de l'information et de la communication, sont toute fois l'espace exutoire dans une société marquée par le marasme voire le néant culturel. Ils apportent leur contribution face à l'absence des infrastructures de loisirs populaires. Des télévisions qui endossent quelque fois le rôle d'intermédiaires renforçant les liens sociaux entre les peuples des deux rives de la Méditerranée, les élans de solidarités suscités par les médias français lors du séisme d'Alger en juillet 2003, en sont l'exemple éloquent.
 La prolifération du phénomène de piratage des télévisions payantes est un des aspects les plus marquants de l'exposition de la société algérienne à ces télévisions. Principalement françaises, les télévisions cryptes sont reçues par une partie non négligeable des populations parabolées à des sommes modiques. Le plus préoccupant est de constater la banalité avec laquelle circule un bien culturel véhiculant idées, valeurs et cultures, vendu comme une vulgaire marchandise de consommation au milieu de l'absence total de contrôle, acheter une carte pirate devient alors comme s'offrir un kilo de tomates..
 Le fractionnement socioculturel de la société algérienne a constitué un terrain fertile à la prolifération des télévisions satellitaires. La présence de ces médias, avec le flux des contenus et des programmes déversés quotidiennement, met en évidence, l'accroissement des risques de transfert de modes culturels étrangers à l'intérieur de la société algérienne. L'absence de productions locales dans ce domaine et la médiocrité de la télévision de proximité (nationale) ouvre toutes les portes aux dérives. Le prosélytisme d'un islam radical prôné par certains régimes arabes par le biais de ces médias est une menace réelle. Les contradictions suscitées par la société de consommation à l'occidentale et difficilement vécus par des populations paupérisantes augmentent les effets de la marginalisation sociale. La prédominance de l'Arabe oriental et du français véhiculé par ces outils conforte l'influence étrangère et ronge le patrimoine national en profondeur.
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© Tous droits réservés 2003 Mahfoud Chaabi Dialna