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Le Foyer.                                        

 

 

L'ambiance est particulièrement animée ce samedi à la cafétéria du foyer Sonacotra; éclats de rire, discussions, tintements de verres, tout se mélange dans un brouhaha intelligible.
Les résidents en majorité des travailleurs immigrés s'y rendent pour se divertir autour d'une partie de cartes ou de dominos.
Ami Mohand un des anciens résidents du foyer sinon le plus ancien de tous, a rendez-vous avec un ancien collègue de l'usine RENAULT Ami SADEK pour une partie de cartes. Même s'il est à la retraite depuis quelques années, ami Mohand a appris à gérer son emploi du temps.
 
 
Il prend sa tasse de café et se fraie un chemin parmi un groupe d'hommes. Il choisit une table près de la fenêtre, dans un coin retiré.
Avec l'âge il ne supporte plus ni bruits ni odeur de cigarettes.
Il se rappelle le jour ou il est arrivé dans ce foyer, il y a 32 ans aujourd'hui, il avait comme seul bagage un sac en Alfa qui contenait ses affaires personnelles, il l'avait ramené d'Algérie, il s'en souvient bien, c'était sa femme qu'il l'avait confectionné à l'occasion de son voyage en France.
Arrivé au foyer, il avait eu la chambre facilement mais par contre, il avait eu du mal à s'habituer à son exiguïté, lui qui avait grandit dans les vastes espaces de la montagne.
S'il n'a jamais cherché à vivre ailleurs c'est qu'ami Mohand caressait sans cesse l'espoir de revenir un jour au Bled, refusant de ce fait de ramener auprès de lui femme et enfants.
''Juste le temps de réunir de quoi acheter la maison de ses rêves'' se disait-il, il reconnaît aujourd'hui qu'il avait été bien naïf de penser cela. On ne décide pas de quitter un pays comme ça, surtout quand on y a vécu des années de sa vie.
Il a fallu attendre la mort de sa femme pour qu'il se rende à cette évidence. Le jour de son enterrement il avait découvert à quel point il était seul dans son désarrois.
il était devenu étranger dans son pays..
Il n'avait plus d'amis. plus d'attaches, même ses enfants qu'il ne voyait qu'une fois par an, avaient appris à vivre sans lui.
L'éloignement a fini par altérer ses relations avec ses proches et amis, ne dit-on pas '' partir c'est mourir un peu''.
Il avait donc choisit de revenir à son exil, là où il a des amis qui l'attendent, qui le comprennent car comme lui.
C'est des immigrés.
Ami Mohand sent une main lui tapait sur l'épaule, se retourne et voit Sadek son ami, il sourit.
Il pourra enfin jouer sa partie de cartes.
Si vous voulez écrire à Anissa, Clicquez sur son nom:                     MEKHALDI Anissa

Chaabi Dialna © Tous droits réservés 2003 Mahfoud