Qacidattes Chaabi Dialna

Qacidattes Algériennes   
YADIF ALLAH_1
qacidattes
Ô, hôte de Dieu

Auteur : Cheikh el Djilâli

Interprètes : el-Hâdj M'Hammed el-Anqa et Amar Ezzâhi


Istikhbâr de Amar Ezzâhi



J'ai dit à mon bien-aimé de me rendre visite une heure par jour.
Ne pardonne-t-on pas à celui qui est ivre d'amour ?
J'ai confondu la nuit avec le jour sous l'effet du vin,
du vin de l'amour, non du vin des vignes.
On excuse (sans peine) celui qui est dans le même état que moi,
(car), jusqu'à sa mort, il ne retrouvera point sa voie.
Que dire de moi qui suis brûlé par la beauté des houris !
Istikhbâr de el- ‘Anqa
Ates reproches : mon coeur se consume,
Ô censeur, cesse tes reproches : mon coeur se consume, ma patience s'est usée : je me retrouve comme un oiseau pris au piège, épuisé, l'âme vidée de ses forces.
Celui qui n'a pas été éprouvé me donne en exemple,
Mon amour pour toi, ô imam, fait rire l'ignorant.
bayt
(Généreux) amants, interrogez-moi sur ce qu'il m'advint, hier, dans la nuit.
J'avais préparé ma couche, poussé les verrous et je cherchais le sommeil.
Entre sommeil et veille, la chandelle s'éteignit. J'entendis frapper (à la porte) de ma demeure.
Je me dis : << Qui vient frapper si tard, en ces nuits pluvieuses et ténébreuses ? >>
Rejetant ma couverture, je me levai effrayé et saisis mon sabre.
J'invoquai pour mon salut le nom du Vivant, du Très-haut à deux reprises.
J'ouvris la porte sans savoir qui me faisait face.
<< L'hôte de Dieu. >> me dit-il sans détours.
<< Ô hôte de Dieu, réponds-moi, écoute-moi : rends mon salut, tu ne peux t'en dispenser >>.
rial :
J'allumai prestement ma chandelle, j'arrangeai ma couche dans l'alcôve, et nous eûmes une conversation pleine de charme.
Dans un élan de désir et de souffrance, je lui dis :<< Assieds-toi, source de mon bien-être. Je t'offrirai tout ce que tu souhaites.
Cette nuit vaut soixante-dix années. Viens te détendre près de moi.
Je t'offrirai tout ce que tu désires >>.
bayt :
Je plaçai la chandelle bien en face de lui, pour l'examiner à mon aise.
En contemplant cette beauté, je ressentis un grand émoi.
Son turban posé sur le voile, il arborait un air austère à effondrer des montagnes.
Je le pris pour un descendant de la tribu de Ham noir comme du jais, ou pour une statue, ou encore un étranger inconnu.
(Mon visiteur) était épris d'amour et de coupes pleines, de passion et de désirs ardents.